Oubli des identifiants ? - Inscription

En poursuivant votre navigation, vous acceptez le dépôt de cookies destinés à mesurer la fréquentation du site et à la suppression de ce bandeau d'information. En savoir plus

J'accepte

La folie n'a jamais été aussi belle

Aller an bas de page Bas de page
  • Lire l'article
  • Les avis
  • Jeux en relation

La folie n'a jamais été aussi belle La folie n'a jamais été aussi belle

MICROSOFT XBOX 360

Le 13 Mai 2012 - Par Outliner - article lu 1951 fois - Moyenne de 20,00

 

Alice, une grande source d'inspiration

 

Si l'illustre roman Les Aventures d'Alice au pays des merveilles a été écrit par Lewis Carroll en 1865, il continue de fasciner aujourd'hui. Une fascination qui s'explique par les différents niveaux de lecture du livre mais aussi par la popularité de l’œuvre aussi bien chez les enfants que chez les adultes. Cette popularité s'est ainsi matérialisée par le nombre important d'adaptations dont le livre a fait l'objet, que ce soit en dessin animé, en film et bien sur en jeu vidéo.

Toutefois, même si les jeux tirés d'Alice au pays des merveilles ne sont pas des plus répandus, nous avons récemment eu droit à l'adaptation du film de Tim Burton.

Bien que le film ait divisé les foules, le jeu sorti sur PC, Wii et DS et développé par les lyonnais Étranges libellules était des plus sympathique à défaut d'être véritablement marquant.

Et pour cause, tirer son épingle du jeu est une chose particulièrement difficile quand neuf années plus tôt, un certain American McGee bouscula le paysage vidéoludique en nous donnant sa propre vision de l'oeuvre de Lewis Carroll. La sortie de sa suite, Alice : Retour au pays de la folie plus de dix années plus tard, est l'occasion rêvée de se replonger dans ce jeu culte avant de commencer cette séquelle tant attendue.

Heureusement pour nous, Electronic Arts eut l'ingéniosité de proposer un portage de American McGee's Alice avec chaque exemplaire de Retour au pays de la folie. Cependant, il est bon de rappeler que ce « cadeau » est « offert » sous la forme d'un coupon de téléchargement, et qu'il faudra du coup débourser la coquette somme de 10 euros ( ou 800 points Microsoft) pour les acheteurs du jeu en occasion si jamais le code est déjà utilisé.

Quoiqu'il en soit, je vais donc profiter de cette opportunité pour revenir sur ce jeu qui avait tant défrayé la chronique il y a une dizaine d'années.

 

American McGee's Alice, un jeu culte


 

Même si ce nom ne dira rien à bon nombre de joueurs actuels, American McGee était une figure reconnue du jeu vidéo des années 1990/2000. En effet, il commença sa carrière en tant que level designer chez iD Software où il a travaillé sur des jeux très renommés tels que les deux premiers Doom ou encore Quake et Quake II.

Puis il décida en 1998 de mener son propre projet, avec l'équipe de développement Rogue Entertainment : American McGee's Alice. Le jeu sorti exclusivement sur PC en janvier 2001, sous la houlette de Electronic Arts cette fois-ci. Derrière un titre aux allures prétentieuses se cache en réalité une volonté pour McGee de se démarquer de l’œuvre originale pour mieux nous donner sa vision personnelle des aventures d'Alice.

En outre, cette émancipation se distingue en premier lieu par l'originalité du scénario.

Là où la plupart des adaptations de Alice au pays des merveilles se contentaient de reprendre ou de mélanger l'histoire du livre avec sa suite De l'autre coté du miroir, McGee voulu aller plus loin. Ainsi, l'histoire qui nous est contée se passe après les événements des deux livres, dans un contexte des plus dramatique. Alice est la seule rescapée d'un horrible incendie qui emporta sa sœur et ses parents.

Terrassée et traumatisée par cet événement tragique, la jeune fille est internée à l'asile de Rutledges, n'ayant que pour seul réconfort un lapin en peluche donné par ses médecins. Dès lors, la vision de cette peluche résonna chez elle comme un écho de son premier voyage, le lapin devenant un symbole guidant à nouveau son esprit vers son pays imaginaire.


La jeune Alice, internée à l'asile de Rutledges

 

Malheureusement, le pays des merveilles n'en a plus que le nom, laissant place a un monde sombre, tordu et sanguinaire, à l'image d'une représentation de son esprit ravagé par le traumatisme et les différents sentiments qu'elle ressent. Devant la douleur, l'incompréhension et le sentiment de culpabilité causé par ce que l'on appelle « le complexe du survivant », Alice n'aura pas d'autre choix que de reconstruire le pays des merveilles si elle veut réussir à se reconstruire elle même.

Une histoire aussi audacieuse qu'intelligente, qui inspirera notamment le très controversé Sucker Punch de Zach Snyder.

Pour lui donner vie, American McGee fut épaulé par Norman Felche, qui illustra les personnages et les décors. Le style visuel est très travaillé avec une direction artistique d'une rare qualité pour l'époque, évoquant à la fois des jeux comme Shadow Man et le style de Tim Burton à ses débuts.


Une vision torturée du pays des merveilles

 

Le pays des « merveilles » est glauque et tordu a souhait, et si on retrouvera les lieux emblématiques du livre comme par exemple le château de la Reine de cœur, la mare des larmes ou encore le labyrinthe, de nouveaux lieux font leur apparition comme par exemple une réplique torturée de l’hôpital psychiatrique de Rutledges. Ainsi, on prend un réel plaisir à découvrir chaque parcelle de ce pays des merveilles rongé par la folie.


Des décors d'une varieté exceptionnelle

 

Les personnages ne sont bien sur pas en reste avec la présence des figures emblématiques du livre de Lewis Carrol, au design légèrement revisité pour l'occasion. Du chat de Cheshire a l'aspect cadavérique faisant office de guide, au chapelier dirigeant un asile aussi fou que lui, en passant par les jumeaux Tweedle Dee et Tweedle Dum sans oublier l'inénarrable Reine de cœur, on se retrouve avec une liste non exhaustive de personnages plus dérangés les uns que les autres.

La force du character design de Norman Felche est de les rendre plus inquiétants sans toutefois les dénaturer, puisqu'ils sont immédiatement reconnaissables.



Le chat de Cheshire est plus inquiétant que jamais

 

En outre, le bestiaire ne manque pas d'audace tout en restant dans les sentiers battus dans la mesure où il faudra en découdre avec des gardes-cartes, des enfants monstrueux, des fourmis et même le bredoulocheux (Jabberwocky en V.O) qui sera d'ailleurs un des boss à affronter pendant le jeu.


Le bredoulocheux, que l'on affrontera à plusieurs reprises


Petite anecdote sur Alice qui nous apparaît brune alors que dans l'inconscient collectif, on l'imagine généralement blonde, en particulier depuis l'adaptation de Walt Disney. Si dans le livre il n'est jamais fait mention de la couleur de cheveux d'Alice, la véritable jeune fille qui avait inspiré Lewis Carroll, Alice Liddell, était brune. Le choix de la logique donc.

Au delà de l'aspect visuel très travaillé, il m'est impossible de parler de la dimension artistique du titre sans évoquer sa bande son mémorable, composée par Chris Vrenna. Ce nom est bien connu des amateurs de métal et de musique industrielle puisqu'il était batteur et claviériste chez Nine Inch Nails puis Marilyn Manson.

Cela étant, ce dernier n’était toutefois pas à son coup d'essai dans le monde du jeu-vidéo puisqu'il avait assisté son comparse Trent Reznor pour la musique et les effets sonores de la série Quake. Néanmoins, son travail pour la musique d'American McGee's Alice est tout a fait différent, loin des sonorités résolument « indus » auquel il nous avait habitué.

Ainsi, le meilleur moyen de rendre justice a la qualité de la bande originale serait de dire qu'elle est à la hauteur de la partie visuelle, tant elle restitue à merveille l'ambiance tordue du jeu.


La musique du village des condamnés, à la fois tordue et onirique

 

Dès la cinématique d'intro jusqu'à l'arrivée d'Alice dans le village des damnées, la musique nous emballe puis nous immerge dans une ambiance délicieusement décalée. Les rythmes sont très travaillés, les violons envoûtants et les chœurs à la Danny Elfman finissent de nous transporter dans cet univers dépravé par la folie. Mais à l'image du jeu en général, la musique ne tombe jamais dans la caricature, faisant preuve d'une élégance certaine où chaque lieu possède une forte identité musicale. Ainsi, certains morceaux demeurent plus contemplatifs, la folie laissant place à la mélancolie, parfaitement illustrée lorsque l'on passe d'une école totalement déphasée à une forêt plus enchanteresse.


Un morceau des plus mélancolique

 

Par conséquent, l'ambiance musicale du jeu demeure tout a fait unique tant les sonorités sont percutantes et les mélodiques marquantes, certes comme souvent à l'époque, mais avec quelque chose d'indescriptible en plus.


Le thème principal d'American McGee's Alice

 

En outre, un petit mot sur le doublage français, tout simplement remarquable, en particulier pour les deux protagonistes principaux, Alice et le chat de Cheshire qui l'accompagne. Notre chère héroïne est doublée par Véronique Desmadryl (doubleuse de Sarah Chalke dans Scrubs et Chyler Leigh dans Grey's Anatomy) qui matérialise parfaitement ce rôle de jeune ingénue et le chat est quant à lui doublé par le regretté Gerard Rinaldi, qui excella dans ce rôle tantôt rassurant, tantôt inquiétant.

L'équipe de Rogue Entertainement étant habituée a développer des FPS, il n'est pas surprenant de voir le jeu tourner sous le moteur graphique de Quake III : Arena, sorti près d'une année plus tôt. Le résultat était très impressionnant en 2001, matérialisant cet univers torturé avec une fluidité à toute épreuve, des textures détaillées et des personnages très bien modélisés.

Des graphismes très soignés pour l'époque

 

Le passif des développeurs se ressent également dans le gameplay, très semblable a celui d'un FPS, ce qui est assez déroutant pour un titre se voulant être un jeu de plate-forme avant tout. Ce choix de gameplay a priori curieux s'explique essentiellement par le support, le combo clavier/souris n'étant pas ce qu'il y a de plus ergonomique pour ce genre de jeu.

Dès lors, même si le jeu se prend globalement bien en main, on ne peut que constater les limites d'une jouabilité typée FPS, assez rigide. De ce fait, le nombre de mouvements est des plus restreint et les phases de plate-forme demeurent très approximatives, la faute à une gestion des sauts un peu bancale.

Cependant, les développeurs ont réussi a palier ce défaut en proposant une gestion des sauts automatique assez bien fichue. Aussi, il suffira simplement de viser une plate-forme et d'attendre que le curseur prenne la forme d’ empruntes de pas pour que notre chère Alice saute exactement à l'endroit voulu, ce qui est plutôt pratique.

En ce qui concerne les combats, même si la mêlée est mise en avant, nous sommes à nouveau en présence d'un style très proche des FPS avec une visée manuelle, du strafe, le tout avec un panel d'armes aussi surprenantes que variées. Couteau de boucher, jeu de cartes tranchantes, bâton de croquet, boite à jouet explosive, voici entre autre joyeusetés ce qui composera votre arsenal !


Un arsenal surprenant

 

Dans les faits, si les combats demeurent assez nombreux et classiques dans leur ensemble, l'originalité des armes et le bestiaire renouvellent régulièrement l'intérêt, d'autant que la difficulté est au rendez-vous !

Par ailleurs, il est amusant de retrouver encore une fois un élément de gameplay tout droit sorti de Quake. En effet, il suffira de passer sur un certain bonus pour activer une sorte de « mode berseker » totalement inspiré du « Quad Damage » du jeu de iD Software, la jeune fille se transformant en monstre meurtrier aux dégâts dévastateurs.


Alice en mode "berserker"

 

En outre, le jeu est divisé en chapitres, lesquels correspondent à des zones du pays des merveilles. Comptez une bonne dizaine d'heures pour en voir le bout, ce qui est tout a fait raisonnable. La progression du jeu quant à elle est assez linéaire mais bénéficie d'un level design tortueux et de très grande qualité, à l'image des meilleurs jeux des années 90. American McGee est level designer de métier et ça se voit.

Au final, que dire si ce n'est que American McGee's Alice n'a définitivement pas volé son statut de jeu culte. Bien réalisé, artistiquement audacieux et jouissant d'un scénario intelligent qui a su se démarquer de son support original, on savoure chaque minute passée à découvrir cette vision cauchemardesque de ce pays autrefois merveilleux. Au menu des défauts, on pourra regretter un gameplay assez étrange et inadapté compte tenu du style du jeu et une difficulté parfois mal dosée, mais ce serait faire la fine bouche tant le jeu est enchanteur.

Ceci étant dit, si je me suis remis dans le contexte de l'époque pour rédiger ce test, il me paraît nécessaire de parler également du jeu tel qu'on le voit actuellement et plus précisément de la qualité de ce portage console. Au niveau des graphismes tous d'abord, on reste devant un jeu de 2001 qui accuse son âge, avec des personnages vieillots, des effets de lumière datés et des textures certes détaillées pour l'époque mais qui ont pris sérieusement de l'âge.

Cependant, le rendu global reste tout a fait correct dans ce portage, grâce à la qualité de la définition proposée, une absence totale d'aliasing, le tout accompagné d'une direction artistique toujours aussi agréable. Le gameplay quant à lui s'adapte plutôt bien à la manette, et ce même si le jeu à été conçu à la base pour le combo clavier/souris. En effet, ce que l'on perd en précision pour la visée, on le gagne au niveau de la gestion des sauts qui se révèle plus pratique à la manette.

Il en résulte un portage de bonne qualité qui permettra aux aficionados du titre de le parcourir une nouvelle fois dans des conditions plus confortables et aux nouveaux venus de découvrir un titre qui demeure toujours aussi intéressant malgré le poids des années.


Séquence de gameplay tirée du portage console

 

 

Alice : Un retour insoupçonné et risqué au pays de la folie

 

Alors que certains fans de grandes séries telles que Shenmue ou encore Legacy Of Kain désespèrent de voir la venue d'un nouvel opus, le développement d'une séquelle à American McGee's Alice était des plus inattendu, l’œuvre de McGee résonnant encore chez les joueurs comme un unique coup d'essai exceptionnel.

Dès lors, quelle ne fut pas ma surprise lorsque j'appris en fevrier 2009 le développement d'une suite à cette œuvre si singulière, sur PC bien sur mais aussi sur PS3 et Xbox 360 ! En outre, même si je fut emballé par le projet, comment ne pas réfléchir à la place d'un tel jeu sur ces supports.

En effet, a l'heure où les shooters, jeux de rôle et simulations en tout genre envahissent en masse le PC et les consoles dites « HD », on peut se poser la question de la légitimité et du potentiel succès d'un jeu de plate-forme au milieu de tout cela. Ajoutons le fait que c'est non seulement un genre qui trouve sa place principalement sur Wii mais aussi qu'il est majoritairement représenté dans un registre « enfantin », les chances de succès du titre étaient des plus minces. De ce fait, je n'ai pu m’empêcher de me demander quelles raisons ont bien pu pousser EA à financer un tel projet, à plus forte raison quand le jeu original est sorti dix années plus tôt et qu’ il ne laissait en plus que très peu de place à une suite.

Quoiqu'il en soit, grand bien leur en a pris puisque American McGee n'en avait décidément pas fini avec Alice. C’est donc avec une toute nouvelle équipe de développement située à Shanghai et baptisée Spicy Horse qu’il s’est lancé dans le projet de cette périlleuse suite, et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il n'a perdu ni de sa verve ni de son audace après toutes ces années.

 

Une narration intelligente au service d'un récit d'une maturité rare


 

Alice : Retour au pays de la folie se déroule environ un an après la fin du premier opus.
Pour resituer le contexte, le jeu original se terminait sur une note positive, Alice quittant l'asile de Rutledges guérie après dix années de thérapie à combattre ses propres démons. Seulement, si elle semble plus équilibrée qu'auparavant, les circonstances suspectes entourant l'incendie qui a décimé sa famille la hantent encore.


Alice ne s'est jamais remise de l'incendie qui à emporté sa famille


Dès lors, Alice décida de consulter un psychiatre du nom de Angus Bumby, spécialisé dans les troubles de l'enfance. Ce dernier, déterminé à la faire sortir de sa tourmente, la poussera à se remémorer le jour funeste de l’incendie, afin qu’elle puisse en connaître la cause et enfin se pardonner à elle-même. Cependant, cette nouvelle plongée dans l’inconscient de la jeune femme révélera que le pays des merveilles qu’elle croyait avoir sauvé est à nouveau en proie à la destruction, un train infernal le décimant petit à petit.


Le train infernal détruisant les merveilles d'Alice

 

Contrairement à American McGee’s Alice qui nous transportait directement dans ce pays pas si merveilleux que cela, Retour au pays de la folie commence dans le cabinet du psychiatre, situé dans un quartier pauvre de Londres au XIXéme siècle, en pleine époque victorienne où la pauvreté jonche les rues et où la prostitution fait rage. On dirige alors une jeune femme désabusée, aux cheveux mal coupés et aux traits marqués, entourée d’enfants plus perturbés les uns que les autres venus consulter le Dr Bumby.


Alice en pleine séance de thérapie avec Angus Bumby, à Londres

 

A peine sortie dans les rues malfamées de la capitale anglaise, Alice décide de suivre avec une curiosité certaine un chat lui rappelant étrangement sa chatte Dinah, puis fidèle à elle-même, la demoiselle se met à halluciner pour finalement se retrouver devant la seule personne voulant bien s’occuper d’elle, une vieille infirmière aigrie du nom de Priss Witless qui travaillait autrefois à l’asile de Rutledges. En outre, la « gentillesse » de la vieille femme est telle qu’un électrochoc dans l’inconscient de la pauvre Alice se produit, transformant Priss sous ses yeux en Bredoulocheux, la terre s’écroulant sous ses pas et la faisant tomber dans un trou qu’elle ne connaît que trop bien, celui menant au pays des merveilles.

Par conséquent, la jeune femme se retrouve transformée, dans une partie du pays des merveilles qui pour une fois porte bien son nom, la région n’ayant pas encore été décimée par le train infernal.


Le retour d'Alice au pays des merveilles

 

Dès lors, un nouveau voyage l’attend, avec un objectif double cette fois-ci, arrêter le train qui détruit son pays imaginaire par tout les moyens tout en essayant de recouvrer la mémoire qui lui fait défaut pour enfin comprendre les raisons de ce mystérieux incendie.

Aussi, une des premières choses qui frappe dans ce nouvel épisode, c'est la qualité de la narration.

Si le premier opus se contentait du minimum syndical avec une introduction, quelques dialogues se comptant sur les doigts de la main et une cinématique de fin, Retour au pays de la folie est bien plus intéressant dans sa construction. Le titre est ainsi divisé en cinq chapitres distincts, lesquels sont entrecoupés systématiquement par une interlude londonienne, à l’image de celle qui sert d’ouverture au jeu. Ces passages, dépourvus d’action ou de combats, n’en demeurent pas moins intéressants puisqu’ils sont entièrement voués à faire avancer l’intrigue.

Néanmoins, en amont des nombreuses scènes cinématiques en temps réel qui interviendront pendant le jeu, on appréciera l’apparition de séquences animées par des dessins assez glauques, donnant un véritable cachet au titre. Aussi, on appréciera la présence des souvenirs d'Alice à collecter pendant le jeu, qui à l'image des enregistrements audio d'un certain BioShock, apporteront des éléments intéressants au scénario.


Les scènes dessinées sont très réussies


Toutefois, si on ne peut qu’être envoûté par l’histoire qui nous est contée tant elle est bien narrée, l’écriture de l’intrigue n’est heureusement pas en reste. Ainsi, à l’instar du premier épisode, il y a plus que jamais chez McGee cette volonté de s’émanciper de l’œuvre de Lewis Carroll, nous offrant pour le coup une œuvre aussi intelligente que personnelle.

De ce fait, le scénario de « Retour au pays de la folie » est tout simplement fantastique, abordant des sujets graves avec une justesse rare. En effet, le thème de la folie n’a rarement été aussi bien exploité, la symbolique prenant une place prépondérante dans l’histoire, le tout écrit avec un degré de finesse et de profondeur que je n’avais jamais retrouvé depuis l’excellent Silent Hill 2.

Enfin, on est littéralement emporté par l'intrigue et son héroïne en quête de réponses.

Tel un cliffhanger de fin de saison, l'issue de chaque chapitre nous donnera envie de continuer l'aventure pour pouvoir connaître le fin mot de cette étrange histoire, laquelle se conclue sur un final renversant, surprenant et intelligent, laissant au joueur le libre choix de l’interpréter.

En outre, l’écriture des personnages, Alice en tête, est d’une grande maturité, loin des clichés que l’on voit souvent dans le jeu-vidéo. A l’opposé des héroïnes sexy conçues pour faire fantasmer le joueur masculin, Alice est une jeune femme crédible, fragile et combative à la fois, dont il est difficile de ne pas s’éprendre tant on se sent concerné par sa douleur, sa folie progressive contribuant à l’empathie ressenti par le joueur.




Alice est aussi touchante que crédible


Ceci étant dit, Retour au pays de folie n’oublie pas l’œuvre originale pour autant, c’est pourquoi nous retrouverons les différents protagonistes du livre, ces derniers étant également présents dans le premier jeu, mais aussi l’apparition de nouveaux personnages issus du roman et répondant aux abonnés absents dans l’opus précédent.

Dès lors, on retrouvera entre autres le célèbre chat de Cheshire, toujours aussi à l’aise en guide attitré d’Alice, la Simili-Tortue, le chapelier fou, le Bombyx ainsi que de nouveaux protagonistes apparaissant pendant les virées londoniennes d'Alice. Cependant, Alice ayant modifié le cours des choses pendant les événements de American McGee's Alice, on constatera avec surprise que le rôle et la personnalité de certains d’entre eux aura changé, donnant des situations des plus intéressantes et renouvelant du coup les situations par rapport au jeu original.


Le chapelier sera t'il aussi fou que dans le premier opus ?

 

 

En définitive, le scénario de Alice : Retour au pays de la folie est un modèle du genre.

Il réussit le tour de force d’être passionnant à la fois en tant que suite en transcendant l’opus précédent, mais aussi en tant qu’adaptation en ne reniant pas l’esprit de l’œuvre de Lewis Carrol.

 

L’éloge du charme face à la beauté

 

A l’heure où la quête du photo-réalisme atteint son paroxysme, renforcée par des joueurs de plus en plus exigeants et toujours en quête de perfection technique, Alice : Retour au pays de la folie fait figure d’ovni. Ni vraiment beau, ni vraiment laid non plus, le jeu de Spicy Horse oscille constamment entre le bon et le moins bon.

En effet, si la modélisation d’Alice est très réussie, on ne peut pas en dire autant de certains personnages secondaires qui manquent de détails ou encore des textures très sommaires avec en prime un affichage tardif de celles-ci. Les décors quant à eux sont globalement réussis, même si là encore, les plus exigeants ne manqueront pas de pester contre des textures décevantes, en particulier pendant les escapades londoniennes. Aussi, on regrettera également les quelques ralentissements qui entachent certains moment de l’aventure.


Des décors semplides malgré une réalisation perfectible


Par conséquent, vous l’aurez évidement compris, Retour au pays de la folie est loin d’être une référence d’un point de vue technique.

Néanmoins, quand je pose mon regard sur le jeu, un seul constat s’impose, je ne peux m’empêcher de prendre littéralement une gifle, et ce même si le jeu est loin d’être parfait techniquement parlant. En outre, on doit tout cela à la magie de la direction artistique associée à quelques prouesses techniques du plus bel effet comme la qualité des animations.

Le character design par exemple, s’il est dans la lignée de ce qui avait été amorcé dans American McGee’s Alice, a été littéralement sublimé par le bond technologique séparant les deux jeux. Tous d’abord, la modélisation de Alice est exemplaire, son visage si particulier est très détaillé, à l’image de sa garde robe qui évoluera tout le long du jeu pour mieux s’accommoder à l’ambiance.

Ceci étant dit, ce n’est rien à coté de l’animation de la jeune femme, incroyablement bien rendue grâce à la technologie PhysX.

Ainsi, le moindre mouvement fera plisser et virevolter la robe de Alice avec un réalisme étonnant, que l'on retrouvera d'ailleurs transcendé par l'animation et le rendu de la chevelure qui m'ont laissé littéralement bouche bée. Là où la plupart des jeux se contente d'animer quelques mèches sur un bloc uniforme, les cheveux d'Alice sont les plus détaillés que j'ai vu à ce jour dans un jeu vidéo.


La chevelure d'Alice est saisissante de réalisme


En effet, chaque mèche voire chaque cheveu est modélisé indépendamment, et c'est alors avec stupéfaction que l'on admirera la coiffure de la belle se mouvoir en fonction de la brise environnante ou encore de ses nombreux déplacements. On appréciera en outre l'onirisme se dégageant des esquives de Alice, transformant notre héroïne en une envolée de papillons du plus bel effet.

Par conséquent, la somme de ces détails rajoute au naturel saisissant de la demoiselle, apportant au passage un soupçon de poésie à un titre qui n’en manquait décidément pas.

Cela étant, le character design des autres personnages est tout aussi réussi. Si les protagonistes récurrents du pays des merveilles sont pour la plupart attendus, ils n'ont cependant rien perdu de leur charisme, en grande partie grâce au design directement repris du premier opus mais avec un rendu bien plus proche des artworks de Norman Felch, la technologie aidant.

Le chat de Cheshire jouit d'un lifting du plus bel effet

 

Néanmoins, la clique du « Wonderland » n'est pas la seule à être mise en avant dans cet opus puisque chaque personnage issu du monde réel à été travaillé avec le même soin que ceux issus de l'imaginaire d'Alice, dans un style rappelant parfois Fable mais en y ajoutant la pointe de folie et de pessimisme caractéristique de l’œuvre.

Dès lors, entre les enfants perturbés au visage déformé par leur tristesse qu'on retrouvera chez Bumby, le psychanalyste lui-même à l'allure de dandy britannique ou encore Priss à l'aspect nous faisant immanquablement penser à l'illustre sorcière de Blanche Neige, s'ils sont moins fantasques, ces personnages « réels » ne manquent pas de piquant pour autant.


Le design des personnages "réels" est tout aussi réussi

 

Aussi, je ne peux boucler cette partie sur les différents personnages sans parler du bestiaire. C'est donc avec plaisir que l'on constatera que Retour au pays de la folie ne se contente pas de reconduire bêtement les adversaires combattus dans le premier épisode, les ennemis étant pour la plupart crées pour l'occasion en s'adaptant aux thématiques bien spécifiques de chaque chapitre. Au rang des nouveaux venus, on retrouvera alors les « Ruines », sorte de poupées recouvertes d'huile, des marins noyés, le retour des « Cardes » ou gardes-cartes ou encore des guêpes samouraï.


Les bestiaire est d'une grande richesse


 

Par conséquent, que ce soit au niveau des personnages réels, imaginaires ou bien des ennemis, la versatilité est toujours de mise, Alice semblant vouée à faire des rencontres plus étranges que jamais.

Cette versatilité et cette direction artistique « de folie » se retrouveront en outre dans les décors, tous plus inspirés les uns que les autres. Toutefois, je mentirais si je disais que la crainte d'une simple mise à jour graphique ne m'avait pas envahi. Ainsi, à l'exception de certains développeurs arrivant à tirer leur épingle du jeu, le recours à la facilité est monnaie courante dans la sphère vidéoludique, poussant bon nombre de développeurs à reproduire à l'identique ou presque ce qui avait bien fonctionné par le passé, réduisant la prise de risque à peau de chagrin.

De ce fait, l'ambiance si singulière du premier opus étant une des raisons majeures qui ont fait le succès du titre, nous étions en droit de nous attendre à ce qu'elle soit simplement reproduite dans ce nouvel épisode.

Et pourtant, si l'on y retrouvera parfois certaines ambiances visuelles, en particulier dans le quatrième chapitre, l'esthétique générale de Retour au pays de la folie est totalement différente. Alice a changée, métamorphosant le pays des merveilles avec elle.

Enfin, les cinq chapitres qui composent l'aventure ont tous une thématique bien spécifique, lesquelles ne manqueront pas de surprendre. En effet, on pensera notamment aux troisième et cinquième chapitres dont les paysages et certaines ambiances ne sont pas du tout inspirés de l’œuvre de Lewis Carroll et se détachent totalement de celle-ci, donnant encore davantage de personnalité au titre.


Des ambiances inédites...

 

Cependant, si la dimension glauque et malsaine du titre est toujours d'actualité, elle n'a jamais été aussi subtile et psychologique. Le premier chapitre par exemple, commencera par nous décrocher la mâchoire avec des décors d'une poésie presque émouvante, pour finalement se désagréger sous nos yeux ébahis, la sublime vallée des larmes laissant place à un lieu chaotique où la folie à repris le dessus et où le sentiment de plénitude précédemment ressenti laissera la place à un malaise constant.


...et dérangeantes

 

En outre, cette dualité se ressentira tout au long du jeu, l'ambiance du titre alternant constamment entre beauté et horreur, si ce n'est les deux en même temps. Les filtres utilisés pour chaque chapitre contribuant beaucoup à l'atmosphère, ils s'inspirent du livre original mais aussi d'autres univers étrangers au roman de base avec par exemple des influences steampunk et asiatique.


Un chapitre à l'atmosphère résolument steampunk


Dès lors, chaque parcelle du pays des merveilles est un régal pour les yeux tant l'esthétique y est travaillée, aucun élément n'est effectivement laissé au hasard et il n'est pas rare d'être estomaqué par cette direction artistique aussi envoûtante qu’inquiétante. On pourra alors aussi bien être empli d'un sentiment d'apaisement lors d'une balade dans un château de carte au milieu du ciel ou au contraire ressentir un certain malaise au moment de rentrer dans une maison de poupée grandeur nature.


Une séquence d'une grande poésie

 

Aussi, les séquences à Londres bénéficient d'un soin tout à fait particulier, tranchant radicalement avec la charte graphique habituelle. Point d'environnements prolixes à une esthétique saturée ici, le ton y est sépia et parfois proche du noir et blanc, les rues sont crasseuses et les bâtisses délabrées.


Londres, au XIXème siècle

 

Partant de ce constat, le désir d'évasion d'Alice n'a jamais été aussi compréhensible, et paradoxalement, on se plaît à évoluer dans une ville qui n'a pourtant rien de chatoyante.

Par conséquent, si le titre de Spicy Horse ne fait pas office de vitrine technologique, l'audace et la qualité de sa direction artistique rattrapent largement les quelques carences techniques pour nous offrir un rendu global qui devrait mettre tous le monde d'accord.

 

Une bande son élégante et mature

 

S'il y a une chose qui a fait l'unanimité sur American McGee's Alice, c'est la qualité de sa bande son.

Avec des doublages d'une grande qualité et une OST devenue culte, dire que la partie sonore du titre était réussie relève de l'euphémisme. Dès lors, il va sans dire que Retour au pays de la folie était aussi attendu sur ce point, considéré comme crucial pour les fans du jeu original.

Tous d'abord, on regrettera le changement des voix françaises d'Alice et du chat de Cheshire à la différence de la version originale qui a conservée les mêmes interprètes. Si la nouvelle doubleuse d'Alice s'en tire avec les honneurs en donnant beaucoup plus d'émotions au personnage, la voix d'Antoine Tomé ( Lambert dans Splinter Cell) n'est pas aussi inquiétante que celle de Gérard Rinaldi qui était également plus proche du doubleur original, et ce même s'il reste tout à fait convaincant.

Toutefois, le doublage est dans l'ensemble de très bonne facture, que ce soit pour les nouveaux personnages comme le Dr Angus Bumby, doublé par un excellent Stéphane Ronchewsky ( Kaidan Alenko dans Mass Effect, Heath Ledger dans The Dark Knight) ou pour les anciens comme le Chapelier Fou, doublé par Philippe Catoire ( L'Homme Trouble dans Mass Effect 2/3 ) et la Simili-Tortue, doublée par Philippe Valmont ( Christian Bale dans The Dark Knight, James Franco dans Spiderman ) qui bénéficient quant à eux d'un doublage de bien meilleure qualité dans cette suite.

Néanmoins, les voix ne sont pas les seuls changements opérés au niveau de la bande son, Chris Vrenna troquant également son statut de compositeur pour celui de consultant.

De ce fait, à l'exception du thème principal et d'un morceau composé justement par Chris Vrenna, l'élaboration de la bande originale a été confiée à un tout nouveau compositeur du nom de Jason Tai. Bien que le changement de compositeur pouvait inquiéter, la musique de Jason Tai n'a pas vraiment à rougir du travail accompli par Vrenna pour American McGee's Alice.

Si les musiques sonnent différemment, les ambiances et les mélodies composées dans ce nouvel opus perdent en brutalité ce qu'elles gagnent en maturité. Alors que le premier épisode nous emportait avec des mélodies percutantes, entraînantes et parfois mélancoliques, Retour au pays de la folie nous propose des musiques aux ambiances nuancées et feutrées, lesquelles correspondent bien mieux au caractère plus psychologique du titre, sans toutefois renier la charte sonore instaurée dans le premier volet.


Une mélodie de toute beauté

 

Ainsi, le thème principal du jeu impose le ton en renouant avec l'ambiance dépeinte dans le jeu original, les violons et le clavier conservant cette ambiance décalée et si chère à American McGee's Alice. Cependant, il suffira de lancer le jeu pour se délecter de l'ambiance mélancolique du titre, l'introduction étant accompagnée d'une mélodie au piano bien plus intimiste que ce dont Chris Vrenna nous avait habitué.


Le thème de Alice : Retour au pays de la folie

 

Cet intimisme, on le retrouvera assez souvent dans la bande originale du jeu, et il n'est pas rare d'être transporté par la beauté des ambiances proposées, la musique accompagnant nos premiers pas dans la vallée des larmes matérialisant à merveille ce sentiment. Ceci étant dit, qu'on se rassure, les ambiances totalement tordues sont encore de la partie et même si ces dernières n'ont peut être pas la folie des morceaux les plus avant-gardistes de Chris Vrenna, ils parviennent parfaitement a restituer l'ambiance si unique du jeu d'American McGee.

 

La vallée des larmes est accompagnée d'une musique des plus envoûtante

 

De ce fait, si la bande originale de Retour au pays de la folie n'a peut être pas la folie du score de American McGee's Alice, elle gagne par contre en maturité et en relief, s'inscrivant alors parfaitement dans la vision d'un titre infiniment plus profond et psychologique que son prédécesseur.

 

Une aventure résolument oldschool

 

Alors que je croyais le jeu de plate-forme 3D définitivement oublié sur consoles HD et PC, Alice : Retour au pays de la folie apporte un vent de fraîcheur au milieu d'autres style de jeu dont la surexploitation frise l'overdose.

En effet, à l'exception de la Wii faisant office de véritable terre d'asile au genre, avec bien sur la présence du célèbre plombier moustachu mais également de quelques perles comme Epic Mickey, Mushroom Men ou Sonic Colours, les jeux de plate-forme 3D sont malheureusement en voie d’extinction sur les autres machines. Certes, il y a quelques exceptions comme la série Ratchet and Clank sur PS3, mais cela reste bien maigre pour un type de jeu qui était un des plus apprécié dans la décennie 1995-2005.

Curieusement, leurs homologues 2D s'en sortent nettement mieux, notamment grâce à la recrudescence de la scène indépendante qui nous a offert quelques perles du genre, telles que Super Meat Boy, Splosion Man ou dans des registres certes un peu différents, Limbo et Braid.

Dès lors, la suite de American McGee's Alice était également attendue au tournant chez les amateurs de plate-forme 3D, le jeu de Spicy Horse s'inscrivant dans la pure tradition du genre, car contrairement aux idées préconçues de certains joueurs, « Retour au pays de la folie » n'a jamais été voulu ou pensé comme un Beat Them All.

De ce fait, la structure des niveaux s'en ressent, rappelant indéniablement les meilleurs jeux de plate-forme de l'ère Nintendo 64. Néanmoins, à la différence de American McGee's Alice qui était un jeu de plate-forme enfermé dans des mécaniques de FPS, sa suite à préféré revoir sa copie pour nous proposer un gameplay réellement adapté au genre.

La jouabilité est des plus efficace avec une une panoplie de mouvements bien plus étendue que par le passé et une gestion des sauts enfin précise, à des années lumière du premier épisode. Ainsi, les déplacements d'Alice ont considérablement gagné en fluidité avec l'ajout d'un double saut et de la faculté de planer avec sa robe.

Au menu des nouveautés, après avoir fait trempette dans un liquide bien connu des amateurs du conte, Alice pourra rétrécir à volonté par la simple pression d'une touche, lui permettant d'atteindre des passages de la hauteur d'une serrure ! Une fonctionnalité sympathique donc, apportant un peu diversité et se révélant tout à fait pratique puisque que le fait de rapetisser altérera aussi la vision de la demoiselle, qui pourra alors voir des plate-formes invisibles de sa taille normale et même apercevoir quelques indices afin de l'aider pendant sa progression.

On prendra donc un plaisir certain à évoluer dans des niveaux tortueux et variés tout comme on appréciera aussi de ne pas être assisté à la différence des ¾ des jeux actuels. Car effectivement, si beaucoup de jeux aujourd'hui diminuent la difficulté au profit d'un assistanat qui a atteint des sommets, avec par exemple des sauts et des acrobaties totalement automatisés, Retour au pays de la folie revient aux sources du jeu de plate-forme avec un challenge fondamentalement oldschool et des sauts calibrés au millimètre près.


Une ode à la plate-forme

 

Trop oldschool diront certains, dans la mesure où le jeu écueil également des même défauts que la plupart des jeux du même type, comme une caméra certes manuelle mais parfois hasardeuse, provoquant certaines chutes vraiment agaçantes. Toutefois, en gros amateur de jeux de plate-forme, je n'ai pas trouvé que la caméra soit plus mauvaise que dans n'importe quel jeu du genre, la gestion de celle-ci étant manuelle et se rapprochant d'un Mario Sunshine, je n'ai donc pas été particulièrement gêné. Ceci étant dit, si certains y trouveront certainement à redire, le niveau de gène de ce défaut dépendra assurément du joueur et de son habitude à jouer aux jeu du même type.


Une vidéo de gameplay axée sur la partie plate-forme

 

En outre, les combats ont également eu droit à une refonte totale du gameplay, pour un résultat là encore bien plus convaincant que dans le premier épisode. Ainsi, là où le premier avait des affrontements au corps à corps des plus rigide en raison de sa maniabilité typée FPS, les développeurs de Spicy Horse ont préféré s'inspirer de jeux comme ZeldaBeyond Good & Evil avec un système de verrouillage d'ennemis et d'esquives.

Il convient cependant de rappeler encore une fois que le jeu n'étant pas un BTA, il ne faudra pas vous attendre à une multitude de combo dévastateurs où à au même dynamisme qu'un Bayonnetta.

Les armes à distances sont également de la partie, avec la possibilité de locker les ennemis pour leur tirer directement dessus mais aussi d'opter pour une visée à l'épaule tout droit sortie des derniers jeux d'actions, pour plus de précision.

Aussi, a l'instar de American McGee's Alice, le titre tire essentiellement son épingle du jeu de par les différentes armes à disposition d'Alice. Si elles sont moins nombreuses que dans le premier épisode, elles n'en demeurent pas moins aussi originales, avec cette fois-ci la possibilité de les améliorer en échange de dents, la monnaie dans le jeu que l'on collectera tout au long de l'aventure.


Des armes originales et évolutives

 

On retrouvera alors le glaive vorpalin, célèbre couteau déjà vu dans le premier épisode, mais aussi un moulin à poivre faisant office de mitraillette, une théière lance-grenade, un marteau en forme de tête de cheval et enfin une tête de lapin explosive ! La jeune femme pourra en outre renvoyer les projectiles des ennemis a l'aide d'une ombrelle, ce qui ne manquera pas d'être pratique pendant les moments les plus critiques.

En parlant de moments difficiles, si le mode "berserker" de American McGee's Alice est de retour, il a quelque peu évolué. Dorénavant appelé « hystérie », il est dorénavant disponible quand la jeune femme se retrouve proche de la mort. Dans les faits, il suffira alors de presser une touche pour que Alice se mette dans une colère noire un court instant, illustrée par un filtre noir et blanc où la seule couleur affichée est celle du sang, transformant la belle en une jeune femme sanguinaire aux forces décuplées ne laissant que très peu de chances à ses ennemis.


L'hystérie de Alice

 

Par conséquent, Retour au pays de la folie propose des affrontements bien plus dynamiques que dans la plupart des jeux de plate-forme, mais qui n'en demeurent pas moins relativement classiques et qui s'ils ne bouleverseront pas le genre, restent suffisamment efficaces pour donner du rythme à l'aventure. On regrettera cependant l'absence de boss en dehors de celui que l'on combattra à la fin de l'aventure, pourtant présents en nombre dans le premier épisode.


Une vidéo de gameplay axée sur les combats

 

En outre, si le jeu propose un challenge intéressant, il se révèle nettement moins ardu que le jeu original, c'est pourquoi je recommanderai aux joueurs avides de défi de commencer le jeu directement en difficile.

Par ailleurs, si la progression dans les niveaux est globalement linéaire, on n'évoluera pas dans des couloirs pour autant, le level design des niveaux étant très riche, il regorge de choses à dénicher et de passages secrets à explorer. Entre les souvenirs d'Alice, les différentes bouteilles à collecter, les améliorations de santé et les groins volants à assaisonner pour ouvrir des passages secrets ou avoir des récompenses, il y a indéniablement de quoi faire.

Dès lors, la longueur du jeu s'en ressent, chaque chapitre se parcourant en plus de deux heures sans compter les phases de jeu à Londres, on obtient une durée de vie moyenne d'une quinzaine d'heures, soit une durée de vie plus qu'honorable aujourd'hui. A plus forte raison quand le jeu permet d'être recommencé en mode « New Game+ », c'est à dire avec toutes vos armes, robes et améliorations collectées pendant votre première partie, assurant une rejouabilité conséquente au titre.

Cela étant, la lassitude ne se fait jamais ressentir grâce à l'incorporation de mini jeux venant casser le rythme afin d’éviter toute redondance. En plus de nombreuses glissades qui ne manqueront pas de rappeler à certains la célèbre course contre le pingouin de Mario 64, le jeu proposera au joueur entre autres choses une phase de plate-forme en 2D et même un mini jeu à la Super Monkey Ball !

De ce fait, on ne pourra que saluer cette initiative qui à le mérite d'apporter un soupçon de variété plus que bienvenue !

 

Un passage des plus sympathique

 

Au final, il est bien difficile d'évaluer un jeu tel que Alice : Retour au pays de la folie de manière objective, tant l'expérience qui nous est proposée est unique, jouant plus que jamais sur la sensibilité personnelle du joueur. C'est un jeu qui se vit, à la fois pour son héroïne, pour son histoire d'une justesse et d'une maturité rare, mais aussi pour sa direction artistique d'une beauté inouïe qui n'a d'égal que sa bande originale, absolument fantastique. Certes le jeu est techniquement perfectible et le classicisme de son gameplay ou encore ses problèmes de caméra pourront en rebuter plus d'un. Mais si vous êtes à la recherche d'une expérience unique, d'un voyage extraordinaire ou tout simplement d'un excellent jeu de plate-forme, ce jeu est fait pour vous.

 

17/20

 

Les jeux en relation

Les Avis des Gamers

Avis de Yssak
Le 11 Septembre 2012 - Par Yssak -
Moyenne de l'article 20 /20

Euh !!! Quelqu'un a quelque chose a redire ?

Avis de Multifragman
Le 12 Août 2012 - Par Multifragman -
Moyenne de l'article 20 /20

OMG que dire de ce véritable dossier sur un jeu devenu incontournable! C'est d'autant plus marrant que je viens de le finir en début d'année ^^. Je ne peux qu'approuver tout ce que tu dis sauf peut-être le système de combat qui pour ma part s'est révélé bon mais pas exceptionnel, et au vu des nombreuses bastons du jeu, il aurait pu être plus développé.

Ton article est des plus soigné, dans une écriture impeccable et imagé au possible! A quand le prochain Alice Madness... on va attendre, va falloir de la patience. Je veux du sombre et du sang!

ps: impossible de finir ce commentaire sans faire par le parallèle avec le magnifique coup de gueule de Cyber : http://www.goodgameall.com/gamerzone/article/call-of-duty-youtubeurs-entubes-1882.html. On se comprend ;)

Avis de PentoGGA
Le 08 Juin 2012 - Par PentoGGA -
Moyenne de l'article 20 /20

C'est la note que j'avais mise Avant le bug gga. Bravo a toi

Aller en haut de page Haut de page